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Les abeilles du Palais
Le 20 mai, Journée mondiale des abeilles, est l’occasion de les honorer
1 May 2021

Si je dis “abeilles”, c’est probablement le mot “miel” qui vous vient à l’esprit. Le miel n’est pourtant pas le seul bienfait de ce petit insecte. L’abeille travaille sans relâche, dans nos jardins, nos champs et nos prairies, à la reproduction des plantes. Comme tous les pollinisateurs, les abeilles transportent en butinant de fleur en fleur des grains de pollen d’un organe de reproduction mâle, ou étamine, vers un organe de reproduction femelle d’une autre fleur, ou pistil.

La pollinisation, étape cruciale de la reproduction de 90 % des plantes à fleurs, revêt une importance particulière dans les cultures vivrières.

Nos petits serviteurs écosystémiques

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plus de 75% des cultures vivrières et 35% des terres agricoles de la planète dépendent de la pollinisation. Comme les autres pollinisateurs, les abeilles favorisent la sécurité alimentaire de la population mondiale. Il a été montré que la contribution économique des seules espèces sauvages à la production agricole pouvait atteindre 2 500 francs par hectare. Un vrai service écosystémique ! Ce n’est pas pour rien que la FAO souligne le rôle déterminant de l’abeille dans la sécurité alimentaire et la biodiversité.

Une journée pour les abeilles

Pour attirer l’attention sur le rôle fondamental des abeilles, mais aussi sur le danger que représentent pour elles les changements climatiques, les parasites, la disparition des habitats naturels et l’abus des produits phytosanitaires, les Nations Unies et la FAO ont décidé en 2017 de faire du 20 mai la Journée mondiale des abeilles.

L’ONUG n’avait pourtant pas attendu 2017 pour honorer les abeilles. Le parc de l’Ariana, paradis de verdure et de biodiversité, abrite dix ruches offertes par la Suisse en 2012 pour célébrer le 10e anniversaire de son adhésion aux Nations Unies. Paix, Universalité, Humanitaire, Environnement, Coopération, Désarmement, Justice, Droits de l’homme… Toutes ces ruches ont un nom en relation avec un idéal ou une ac tivité de l’ONU. Et cela n’est pas fortuit : les sociétés d’abeilles sont pour l’humanité un modèle de coopération, d’abnégation et d’intégration dans l’environnement. Les abeilles dépendent les unes des autres et s’organisent avec harmonie pour préserver un équilibre indispensable à la sur vie de l’essaim.

La fine fleur du Palais

Dès le printemps, le promeneur peut obser ver leur ballet incessant et bourdonnant entre les ruches et les prairies et les nombreux arbres à fleurs du parc de l’Ariana, où elles font l’objet de soins attentifs. C’est M. Duperret, jardinier au Palais, qui s’occupe avec patience et passion de leur entretien et veille à leur bonne santé. Il est épaulé par la Société genevoise d’apiculture, qui peut intervenir en cas de problème. C’est également cette association qui organise la collecte du miel. Ces soins attentifs et le travail infatigable des abeilles permet tent de récolter chaque année près de 100 kilos de miel, qui sont répartis entre la Confédération suisse et l’ONUG.

Une belle leçon pour l’humanité

Lorsque la Directrice générale de l’ONUG offre à ses invités prestigieux ou aux représentants des missions un pot de miel du Palais, elle rend hommage au pays hôte, qui a permis ce petit miracle, mais aussi au labeur des abeilles qui s’activent humblement mais efficacement de l’aube au crépuscule sous ses fenêtres. Elle honore aussi leur intelligence collective, leur génie de l’organisation et du partage des tâches et des ressources, mais aussi leur capacité à at teindre ensemble un but commun et à pérenniser l’espèce. Une belle leçon à méditer… et à essaimer.

* Olivier Meyer est réviseur à la Section française de traduction à l’Office des Nations Unies à Genève (ONUG) et Vice-Président du Conseil de coordination du personnel de l'ONUG.
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