Solidarité, maître mot de la lutte contre le COVID-19
Déchargement de l'aide transportée par les vols de solidarité. Aéroport international de Addis-Abeba Bole (Éthiopie). Crédit: WFP / Edward Johnson.
Posted on 1 May 2020
Study for a British university degree in Geneva

Les Nations Unies et l’Éthiopie ont inauguré le premier vol de solidarité de l’ONU.

Ce service a été mis sur pied afin d’aider plus de 120 pays dont les systèmes de santé sont des plus vulnérables dans leur lutte contre le COVID‑19. A cette occasion, une plate-forme de transport humanitaire a été inaugurée à l’aéroport d’Addis-Abeba pour acheminer des fournitures et des travailleurs humanitaires particulièrement à travers l’Afrique. Un autre plan est en ce moment en préparation pour permettre de fluidifier la circulation des personnels bloqués par la suspension des mouvements aériens.

A cause de la pandémie liée au Coronavirus, la majorité des vols aériens sont suspendus ainsi que le fret en général. Il est donc vital, dans ce contexte, de maintenir des ponts aériens pour transporter du personnel médical et humanitaire à travers le monde. Pour ce faire, l’utilisation de la puissance logistique du PAM s’est imposée comme une évidence. En effet, l’organisme des Nations Unies chargé de la lutte contre la sous-alimentation dispose de sa propre flotte aérienne et la met régulièrement au service du système onusien.

Déchargement de l'aide transportée par les vols de solidarité. Aéroport international de Aden Adde (Somalie). Crédit: WFP/ Erik Forsman

Le premier « vol de solidarité » des Nations Unies a quitté Addis‑Abeba (Ethiopie) le 14 avril.

Vols de solidarité

Le premier « vol de solidarité » des Nations Unies transportant du fret médical crucial pour contenir la propagation du COVID‑19 a quitté Addis-Abeba (Ethiopie) le 14 avril à destination des Seychelles, de l’île Maurice et de Madagascar. Selon la porte-parole du Programme Alimentaire Mondial (PAM) à Genève, Elizabeth Byrs, ces vols transporteront aussi de l’équipement vital vers cinq autres pays à savoir Djibouti, le Soudan, l’Erythrée, la Somalie et la Tanzanie.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, avait annoncé la veille que ce type de vols faisait partie d’un vaste effort visant à envoyer du matériel médical vital dans 95 pays.

La cargaison de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) transportée par le PAM comprend un million de masques et lunettes de protection, des gants, des blouses, des tabliers médicaux, des thermomètres et des ventilateurs. Ce matériel suffira à protéger le personnel de santé tout en traitant plus de 30.000 patients à travers l’Afrique. Des fournitures de laboratoire soutiendront la surveillance et le dépistage du COVID-19. Une grande quantité de matériel médical offert par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et par l’Initiative des Jack Ma Foundation & Ali Baba Foundation étaient également à bord.

Bases aériennes et dépôts humanitaires

C’est dans un esprit de solidarité que le gouvernement des Émirats Arabes Unis a fait preuve de générosité pour soutenir le pôle logistique régional de l’OMS situé à Dubaï où la marchandise a pu être préparée avant son expédition. A Addis-Abeba, une équipe de 25 personnes du département aérien et de logistique du PAM sont basés au Bole International Airport, pour gérer 24/24, en collaboration avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et l’Union Africaine. Ethiopian Airlines s’occupe de l’essentiel de la gestion des cargos, de la programmation et de la réalisation des vols.

L’utilisation de la puissance logistique du PAM s’est imposée comme une évidence.

Aéroport international de Addis-Abeba Bole (Éthiopie). Crédit: WFP/Ashiwini Rai.

En dehors des bases situées aux Emirats et en Ethiopie, le PAM a également des installations à Accra (Ghana), Panama City (Panama), Kuala Lumpur (Malaisie) et Las Palmas (Espagne). De nouvelles plateformes vont être déployées en Europe en dehors de celle existante à Brindisi (Italie). Il semblerait aussi que trois centres soient rapidement transformés en plaque-tournantes de distribution d’aide humanitaire dédiée à la lutte contre le COVID-19 ; il s’agirait de Liège (Belgique), Dubaï (EAU) et Guangzhou (Canton/Chine).

Nouveau pont aérien à partir de Genève

Toujours dans le cadre du mouvement de solidarité mondiale, l’ONU prépare un dispositif aérien pour acheminer, deux fois par semaine depuis Genève, via Rome où se situent les quartiers généraux du PAM, du personnel dans les pays africains qui nécessitent de l’aide. Les avions seraient remplis à 50% de leur capacité afin de respecter la distance de sécurité conseillée par l’OMS, les passagers seraient équipés de masques.

Pour l’instant les autorités suisses et italiennes n’ont pas encore été approchées pour faciliter la mise en place de ce nouveau pont aérien de personnes.

L’ONU prépare un dispositif aérien pour acheminer depuis Genève, via Rome, du personnel dans les pays qui nécessitent de l’aide. 

Selon Amer Daoudi, Directeur des opérations du Programme Alimentaire Mondial, une des difficultés principales actuelles est la négociation avec les pays pour permettre l’entrée sur leur territoire de personnel sanitaire et humanitaire alors que leurs frontières sont fermées et les populations confinées.

Financements

Fin mars, le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, a lancé un appel pour obtenir 2 milliards de dollars afin de permettre la lutte mondiale contre le COVID-19. A ce jour, seuls environ 400 millions ont été récoltés, soit à peine plus de 19%.

De cette somme globale, 350 millions de dollars sont uniquement consacrés au PAM pour instaurer des pôles d’aide humanitaire à travers le monde dans le but de faciliter différentes actions. Il s’agit de l’entreposage et la distribution de matériel médical essentiel, de la mise en place des liaisons aériennes pour l’acheminement de marchandises et de personnel, de l’affrètement des navires pour l’expédition de chargements et d’assurer le transport aérien et l’évacuation sanitaire du personnel soignant et humanitaire. Pour le moment, seuls 24 % (soit 85 millions de dollars) du montant total ont été perçus.

* Catherine Fiankan-Bokonga est correspondante et Vice-Présidente du Club Suisse de la Presse.