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Soigner avec les couleurs
Omniprésentes dans la nature et dans notre environnement, les couleurs impactent nos états d’âme. Elles sont aussi utilisées pour apaiser et guérir
1 Dec 2022

A son grand-père herboriste, Bruno Tourniaire doit son amour de la nature et sa connaissance des plantes: à son grand-père violoniste, sa passion pour la musique. Biologiste, musicothérapeute, formé à la médecine traditionnelle chinoise et à la chromatothérapie, il a fondé et preside l’Association de Chromatothérapie Suisse A.C.S.

Qu’est-ce que la chromatothérapie ?

Cette technique utilise les propriétés de la lumière pour corriger les troubles physiques, émotionnels et psychiques. Tous les organismes vivants – humains, animaux, végétaux – sont porteurs d’énergies et interagissent en permanence avec les rayonnements qui les atteignent, dont la lumière. En cas de pathologie même bénigne, ces énergies sont altérées. On va donc stimuler certaines zones ou points précis du corps avec une lumière de couleur appropriée afin de susciter une interaction réparatrice. Cela implique de poser d’abord un diagnostic précis aux plans physiologique, psychique et énergétique. La chromatothérapie est basée sur la science et des recherches, mais doit beaucoup aux savoirs millénaires comme l’acupuncture ou l’Ayurvéda. Elle vise les causes plus que les effets.

Comment ça marche ?

La chromatothérapie utilise la gamme de lumières qui composent la lumière blanche. Cette dernière est un mélange de rouge, jaune, bleu, vert, violet et orange. On sait grâce à la science que chaque couleur correspond à une fréquence, une longueur d’onde, et une quantité d’énergie. Elaborée depuis des milliers d’années, la médecine traditionnelle chinoise les décrit en termes climatiques: à chaque saison, le vivant doit s’adapter à l’énergie du climat dominant, tel le vent au printemps, la chaleur en été, la sécheresse à l’été indien, l’humidité en automne et le froid en hiver. Chaque organe du corps a une fonction de régulation. Le cœur « climatise » le corps durant l’été en apportant du froid, les reins fournissent de la chaleur en hiver pour « réchauffer », l’humidité est générée par les poumons, la sécheresse par la rate, les vents par le foie et la vésicule biliaire. On est en bonne santé lorsque ces « poussées climatiques » s’équilibrent les unes avec les autres. La maladie survient avec les déséquilibres internes ou externes.

Les tonalités des couleurs sont aussi classées de chaudes à froides. Les couleurs dites « froides », ralentissent le flux énergétique. On constate que le rouge appartient à cette catégorie. Ainsi, il sera utilisé en cas d’entorse. Les couleurs classées « chaudes », comme l’orange, permettent de traiter des inflammations. Les couleurs humides, comme le vert, sont appropriées en cas d’œdème. Couleur classée sèche, le bleu est bienvenu en cas de problèmes cutanés comme l’eczéma ou le psoriasis.

Comment se déroule une séance ?

Elle débute par une écoute attentive de l’histoire du patient (l’anamnèse), et par l’examen de son dossier médical. Décrypter le terrain et la pathologie permet de comprendre ce qui se passe dans les organes au plan énergétique, de définir comment, où, et quelle couleur sera appliquée. Le traitement se fait dans l’obscurité afin que l’effet recherché ne soit pas neutralisé par d’autres sources lumineuses. Puis le patient se repose une vingtaine de minutes.

Quels sont les liens entre la chromatothérapie et l’acupuncture ?

La chromatothérapie utilise les mêmes points que l’acupuncture mais avec une fibre optique, donc sans aiguilles, et se sert des propriétés universelles des couleurs. On bénéficie ici du travail pionnier de cartographie de tout le circuit énergétique du corps établi en Chine depuis des millénaires. Elle permet d’optimiser ce que fait l’acupuncture, comme travailler sur certaines zones tels les yeux, où on ne peut pas planter d’aiguilles.

Le spectre des couleurs

Pour quelles pathologies est-elle efficace ?

Pratiquement toutes celles pour lesquelles on a l’habitude de prendre rendez-vous chez un médecin généraliste: hypertension, arthrite, constipation, suites d’un AVC, allergies, eczéma, psoriasis, herpès, coups de soleil, aphtes, anxiété, tendinites, foulures, traumatismes crâniens, etc.… On peut aussi l’utiliser pour traiter les animaux et les plantes.

Peut-on recourir à la chromatothérapie en cas de pathologies relevant de la psychiatrie ?

Elle est efficace dans certains cas. Lors de troubles dépressifs par exemple, on parvient à stabiliser les humeurs. Elle permet aussi de sortir certains patients de la dépendance aux tranquillisants ou aux antidépresseurs.

Peut-elle remplacer la médecine « classique » ?

D’aucune façon. Elle est à considérer dans un cadre complémentaire. Le patient doit venir avec son dossier médical afin qu’on puisse déterminer le traitement énergétique.

En quoi est-ce une médecine écologique ?

Avec la couleur thérapie, on a juste besoin d’une lampe halogène ou d’une source de lumière froide et de filtres interférentiels dont la longueur d’onde est spécifique. Cette utilisation sur des années ne coûte rien. Au même titre, on propose une substance naturelle qui véhicule une énergie correctrice, ce qui permet de réduire la consommation intensive de produits qui mettent à mal l’équilibre des écosystèmes. C’est notamment le cas quand on traite une arthrose avec de la “griffe du diable” (nom courant de l’Harpagophytum) ou des hématomes avec de l’arnica. 

* Muriel Scibilia est auteure et ancienne fonctionnaire de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
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