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Que devrons-nous manger après avoir lu cet article ?
Nous avons discuté avec Talitha Berreby et Julie Beuret, deux diététiciennes de la Clinique Genolier
1 Nov 2021

Quel est le segment de la population qui se nourrit le moins bien, les enfants, les adolescents, les adultes ou les personnes âgées ?

La malnutrition englobe aussi bien la suralimentation que la sous-alimentation. L’excès d’apports alimentaires peut mener à un surpoids ou une obésité. Cette surcharge pondérale est un facteur de risque de maladies non transmissibles comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et certains cancers. La sous-alimentation peut être due à un manque d’accès à la nourriture, à des maladies psychologiques, comme l’anorexie mentale, à une augmentation des besoins nutritionnels ou à des difficultés à s’alimenter à cause d’une maladie sous-jacente et/ou de l’âge.

Plusieurs indicateurs permettent de diagnostiquer la dénutrition, qui est un état pathologique : indice de masse corporelle (IMC), diminution des apports protéino-énergétiques, perte pondérale, perte de force musculaire, baisse de l’état général et/ou augmentation des besoins en lien avec la maladie. Il est à noter que l’IMC à lui seul ne permet pas de diagnostiquer une dénutrition. En effet, un patient en surpoids ou obèse peut aussi être dénutri.

Dans les hôpitaux suisses, en moyenne 20% des personnes admises sont malnutries ou présentent un risque de malnutrition (Imoberdorf et al., 2009). Cette situation a de nombreuses conséquences : augmentation des complications cliniques, ce qui péjore le pronostic et peut entraîner la mort, prolongation de la durée de l’hospitalisation, augmentation des réadmissions, diminution de l’efficacité et des traitements et de leur tolérance, dégradation de la qualité de vie et accroissement des coûts globaux de la santé.

Les personnes qui travaillent se nourrissent souvent de « fast-food » pour profiter de la pause-déjeuner. Y aurait-il d’autres options ?

Profiter au maximum de son temps de pause, c’est notre souhait à tous. D’autant qu’il est indispensable de couper une journée de travail et de réserver au minimum une vingtaine de minutes pour recharger nos neurones autour d’un bon repas. Si on ne peut éviter les « fast food », il reste possible de manger sainement.

• Les restaurants d’entreprise choisissent de plus en plus souvent des aliments qui correspondent à la pyramide alimentaire suisse. Il ne tient donc qu’à vous d’équilibrer vos plats, en choisissant judicieusement ce que vous mettez dans votre assiette : crudités, aliments protidiques, féculents et légumes, sans oublier un fruit pour le dessert. Petite astuce : demandez que l’on vous serve la sauce à part, c’est vous qui déciderez de la quantité à mettre dans votre plat.

• Vous souhaitez prendre un déjeuner complet prêt à être consommé, c’est aussi possible ! Les offres Take Away de vos enseignes habituelles sont très nombreuses et variées. Les plats préparés, tels que les salades composées ou les lunch box, peuvent associer équilibre nutritionnel et qualité gustative. Il importe toutefois de rester attentif car certains de ces plats sont trop salés ou trop gras.

• Préparez votre sandwich à l’avance, en choisissant du pain complet, quelques feuilles de salade, des rondelles de tomates ou de concombres, une tranche de blanc de poulet, de dinde ou de jambon ; et comme dessert une barquette de fruits frais de saison.

• Emportez votre lunch box : rares sont ceux qui ont l’énergie ou l’envie de cuisiner le soir et encore moins de bon matin. Astuce : cuisinez en plus grande quantité la veille afin d’utiliser les restes pour composer votre lunch box. Cela vous permettra de manger de bons petits plats faits maison. Veillez cependant à vérifier que vous pourrez disposer d’un micro-onde et d’un réfrigérateur afin de pouvoir manger chaud et de conserver vos plats au frais.

Est-ce que les Suisses accordent beaucoup d’importance à la qualité des aliments qu’ils achètent dans les supermarchés ?

Malgré une prise de conscience croissante sur l’importance d’une alimentation saine, notamment au cours de cette décennie, le constat est sans appel : près d’un Suisse sur trois ne prête pas suffisamment attention à ce qu’il met dans son caddie et donc dans son assiette… Les recommandations en vigueur, basées sur des données de l’Organisation mondiale de la santé,
ne sont pas assez suivies.

Le 6ème rapport sur la nutrition en Suisse montre que nous consommons trop de lipides, de sucres et de sel et pas assez de fruits et de légumes. Pourquoi sommes-nous de « si mauvais élèves » ? Le consommateur n’est pas le seul en cause. L’industrie agro-alimentaire a encore beaucoup de progrès à faire afin d’offrir une plus grande variété d’aliments sains. Face à une multitude d’aliments trop gras et trop sucrés, excessivement mis en avant, il est difficile de ne pas céder à la tentation.Il y a cependant tout lieu de rester positif car si un citoyen sur trois a encore des progrès à faire, les deux tiers restants sont de bons élèves.

Pour plus d’info: Clinique de Genolier.

* Julián Ginzo is the Editorial Coordinator of UN Today.
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