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GeniLac est une solution thermique innovante, 100% renouvelable
Les SIG ont-ils la clé du bonheur ?
Du traitement d’eaux usées au sauvetage de la planète, il n’y a qu’un pas que les SIG cherchent à franchir. Rencontre avec ce pionnier quasi centenaire
1 Sep 2021

Vous avez, à coup sûr, déjà entendu parler des Services Industriels de Genève (SIG). Eau potable, eaux usées, gaz, électricité, télécom, valorisation des déchets, les SIG sont derrière la prise et derrière le robinet. Leurs services, assurés par 145 métiers et 1700 employés, garantissent le confort des citoyens et du tissu énergétique genevois. Mais pas que.

Quand le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, enjoint tous les gouvernements à déclarer l’état d’urgence climatique en 2020, c’est tout un symbole. Mais le canton de Genève l’a fait dès 2019. Très investis dans la transition écologique, les SIG mettent tout en œuvre pour tenir et dépasser les objectifs. Conscients que l’enjeu est mondial, ils doivent l’appréhender à leur niveau : une entreprise de proximité. En 2007, les SIG ont lancé « Eco21 », un programme d’accompagnement pour aider les habitants du bassin genevois à réduire leur consommation d’énergie et d’émissions de CO2. Le gaz et l’électricité de la gamme Vitale permettent à chacun de contribuer au développement et au maintien d’énergies locales et vertes. Tous peuvent aussi acquérir des parts de centrales solaires grâce à l’initiative « Mon m2 solaire ». Six ans après les Accords de Paris, les résultats sont là. Depuis le début d’Eco21, c’est près de 220GWh par an qui ne sont pas consommés. L’équivalent de la consommation annuelle du tiers des ménages genevois. Encourageant, mais pas suffisant !

« Aujourd’hui, la chaleur renouvelable est au cœur des enjeux. C’est ce défi que nous devons relever », explique Christian Brunier, directeur général des SIG. Clé de voûte de la stratégie énergétique genevoise dont les SIG sont le bras industriel, cette ambition clame haut et fort qu’il y a bel et bien le feu au lac. Les SIG misent sur la géothermie et « GeniLac ». Ce projet hors-norme vise à étendre un premier réseau hydrothermal assurant déjà le rafraîchissement de bâtiments dont l’ONU, le HCR, le CICR ou le CICG. Elégante et propre, cette technologie, qui séduit de nombreux clients et institutions, consiste à puiser l’eau du lac à 45m de profondeur afin de fournir froid et chaleur par l’entremise de stations de pompage et d’échangeurs, puis à la faire circuler dans plus de 80km de conduites souterraines. Les travaux de GeniLac devraient s’échelonner jusqu’en 2035. En parallèle, « GEothermie » s’emploiera dès septembre à cartographier les sous-sols du canton afin d’en confirmer le potentiel et rendre Genève moins dépendante de l’importation d’énergies.   « Nous sommes pionniers dans bien des domaines, parce que nous croyons en la force de l’exemple et que nous voulons créer le mouvement le plus large possible », souligne Christian Brunier.

Dans l’intervalle, d’autres chantiers sont en cours. Ils impliquent la notion de partenariat. « On ne réussit pas la transition écologique sans une large adhésion au sein du tissu économique du canton. Nous devons convaincre et agir vite pour créer ce grand élan collectif dont nous avons besoin », ajoute le directeur.

Sponsor de nombreuses manifestations culturelles ou sportives telles que la Fête de la Musique, Geneva Lux Festival, Les Créatives, la Course de l’Escalade ou Handisport Genève, les SIG se font mission de rassembler. La plateforme de financement participatif « SIG-Impact » soutient des projets locaux en lien avec la transition écologique. Avec un objectif de financement atteint à 177%, les Bains des Pâquis ont ainsi échappé à la noyade lors de la crise sanitaire. Et monsieur Brunier de souligner que « la transition écologique n’a pas qu’une dimension éthique, c’est également un formidable levier économique pour de nombreuses entreprises de la place. »

Depuis 1931, ils sont ancrés dans la vie genevoise, même là où on ne les soupçonne pas. Que serait Genève sans son emblématique Jet d’eau ? En 1886, quand les employés de l’usine hydraulique de la Coulouvrenière se précipitent chaque soir pour fermer les pompes victimes de surpressions à l’arrêt des machines, l’idée jaillit d’installer une vanne pour évacuer l’eau vers le ciel. Ce premier jet mesure 30m. Pour atteindre ses 140m actuels, il aura fallu l’intervention conjointe des SIG et du Conseil administratif de Genève qui décident, dans les années 1930, de créer une station de pompage indépendante. Son fonctionnement est depuis assuré par des retraités SIG.

A l’instar du Jet d’eau, plusieurs lieux symboliques de Genève sont empreints de l’histoire des SIG. Au fil du temps, diverses installations ont été désaffectées au profit de structures modernes situées aux abords de la ville. Parmi elles, la centrale électrique de Vessy accueille désormais expositions, animations et activités pédagogiques dans la « Maison du Futur » et la rue du Stand, où siégeait l’entreprise avant de déménager au Lignon, a fait place au site culturel d’Artamis puis à l’éco-quartier actuel. Sans oublier le Bâtiment des Forces Motrices ou le pont de la Machine devenu hôte de l’espace Quartier Libre qui accueille jusqu’en octobre une exposition immersive sur le « bonheur durable ». Grâce à une multitude d’initiatives, les SIG amassent goutte après goutte, auprès des petits comme des grands acteurs genevois, les ingrédients d’une transition réussie et on ose presque déjà croire que le bonheur puisse être durable.

* Laetitia Fabre est indépendante en gestion de projet et cheffe de création.
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