Rarement une journée internationale nous aura autant interpellé(e)s que le 5 avril 2026. Non seulement c’est le jour choisi par l’Assemblée Générale de l’ONU pour mettre la conscience au cœur de nos réflexions et actions, mais la résolution de 2019 qui l’instaure (A/RES/73/329) invite la totalité de la famille humaine et de ses institutions, entreprises et associations à promouvoir « une culture de la paix ancrée dans l’amour et la conscience ».

Avons-nous seulement réfléchi sur l’exemple que nous donnons actuellement aux jeunes ?

Comment pouvons-nous imaginer léguer aux 2 milliards d’enfants de moins de 14 ans qui sont sous notre tutelle, une « culture de la paix » alors que nous façonnons leurs esprits et leur système émotionnel avec une déferlante de mauvaises nouvelles et de scènes de violences de toutes sortes sur les écrans qu’ils voient, là où ils ont la chance de ne pas les subir ?

Ce que l’on fait parle toujours plus fort que ce que l’on dit. Nous aurons beau mettre en avant la Charte des Nations unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’Agenda 2030 ou le Pacte pour l’avenir adopté le 22 septembre 2024 par les dirigeants du monde entier : quelles valeurs transmet-on aux jeunes s’ils voient que les adultes augmentent les dépenses d’armement, réduisent la coopération internationale, font la guerre, menacent d’annexer tel ou tel territoire par la force, profitent des pénuries de toutes sortes pour faire grimper les prix, ne font ni tout ce qu’ils doivent ni ce qu’ils peuvent pour arrêter les bouleversements climatiques, ne font disparaître nulle part les discriminations et les violences faites aux femmes, ne bannissent pas la pornographie de la toile ou la TV, sont impuissants à mettre fin aux trafics de drogue, s’adonnent à la spéculation, etc. ?

Combien de jeunes enfants et d’adolescents se désensibilisent en raison des nouvelles dont on les abreuve quand ils ne sont pas traumatisés ? De plus, beaucoup de jeux vidéo auxquels s’adonnent les jeunes sont bourrés de tueries, d’explosions et de destructions, réalise-t-on que cela façonne le cerveau, les centres neurologiques émotionnels, et pour beaucoup cela conduit à une désensibilisation à la violence, une perte d’empathie, voire une croissance de l’agressivité ?

Qui aurait cru qu’à l’ère de l’interdépendance entre tous les êtres humains dans laquelle nous sommes entrés depuis quelques décennies, la plupart des gouvernants encourageraient leurs administrés à « être compétitifs » au lieu de « faire équipe » pour le bien commun et « prendre soin les uns des autres » y compris au-delà des frontières ?

Cela interpelle tous celles et ceux qui ont choisi de servir l’idéal de respect et de paix de l’ONU. Il nous faut mettre notre expérience au service de celles et ceux qui, contre vents et marées, cherchent les voies et moyens de parvenir à cette « culture » de la paix que nous devons, si nous les aimons, aux 2 milliards d’enfants de moins de 14 ans dont nos actes d’aujourd’hui conditionnent l’avenir !

L’important est, au-delà du 5 avril, de ne jamais cesser d’interroger nos consciences, et de comprendre à la fois au niveau individuel et collectif ce que nous devons faire de différent dans tous les domaines, y compris économique, pour cocréer les bases d’un vivre ensemble dans le respect mutuel et la solidarité, loin de toute compétition et des logiques de bloc contre bloc. Il nous faut concevoir des initiatives susceptibles de sortir les individus de la peur qui aveugle et qui aideront les nombreux Etats non engagés dans la confrontation à rétablir les fondements du multilatéralisme. 

Réinventons la Paix avec la Jeuness

À Genève, le 5 Avril coincide avec le Dimanche de Pâques, la Fondation Love Force et l’Alliance Internationale pour les Objectifs de Développement Durable (AIODD) ont décidé d’organiser au Palais des Nations le Jeudi 2 Avril de 10h à 18h une rencontre internationale sur le thème « Réinventons la Paix avec la Jeunesse » avec la participation de 250 jeunes d’institutions d’enseignement suisses et françaises telles que L’École Internationale à Genève, Sciences Po Grenoble, le Lycée de l’Albanais, le Polytech Annecy-Chambéry, le lycée des Portes de Chartreuse, ou le Collège des Bauges qui ont réfléchi à cette question pendant plusieurs mois. Une journée de réflexions et de débats ouverte au public ponctuée par les voix d’enfants vivant dans des zones de conflit armé (dont les chants des Gaza Singing Birds), de mères palestiniennes, israéliennes et afghanes, ainsi que d’anciens enfants soldats, notamment du Soudan. 

Parmi les autres temps forts de la journée il y a l’intervention de la Directrice Générale de ICAN, prix Nobel de la Paix en 2017, Melissa Parke, celle de la Vice-Présidente de la Ville de Genève, Mme Kitsos, celle du Professeur Didier Grandjean, Directeur du Centre Interfacultaire en Sciences Affectives de l’Université de Genève, celle du producteur musical M. Jonathan Belolo (YMCA), ainsi que du cofondateur de Pax Economica et de la Chaire UNESCO d’économie de la paix, le Professeur Dominique Steiler, et de la Directrice Générale de l’Office des Nations Unies à Genève, Mme Tatiana Valovaya.


READ MORE ARTICLES FROM 

GLOBAL AFFAIRS