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Bienvenue à bord de la Compagnie Générale de Navigation
Depuis plus d’un an, nous naviguons à vue. La crise sanitaire semble avoir modifié la ligne d’horizon et des entreprises coulent, mais pas la CGN
1 Jun 2021

Embarquement immédiat pour une traversée du lac Léman avec Andreas Bergmann, nommé directeur général six mois avant le premier confinement.

Difficile de se promener au bord du lac sans remarquer les superbes navires estampillés Compagnie Générale de Navigation (CGN). Difficile aussi parfois d’oser s’en approcher. Si un quart des pendulaires effectue la traversée en bateau grâce à l’une des trois lignes de transport public de la CGN, les trois quarts restants n’ont pas encore franchi ce pas.

Il est pourtant décisif pour Andreas Bergmann : « une fois qu’on est monté à bord, c’est très difficile d’y renoncer ».

Alors comment expliquer que tant de personnes s’encombrent dans les embouteillages, confinés dans leurs voitures individuelles, pour relier les deux rives du lac, surtout quand l’on sait que « chacune des lignes de transport public fait gagner une heure de vie par jour et par voyageur » ?

Conscient d’être à la barre d’un bijou qui « allie avec élégance l’histoire et les enjeux du futur », Andreas Bergmann ne tarit pas d’éloges sur les 220 employés de la compagnie qui fêtera bientôt son 150ème anniversaire. Leur qualité la plus précieuse à l’heure de la course à la spécialisation, est sans conteste la polyvalence. « Un capitaine qui pilote La Suisse, le bateau amiral, en été peut se trouver en hiver dans l’atelier de menuiserie. Je trouve cela magnifique, c’est une vraie force pour nous » confie le directeur qui sait depuis sa formation dans l’hôtellerie que le succès ne peut être que collectif. Et le succès est au rendez-vous, contre vents et marrées.

Depuis le début de la crise sanitaire, une partie de la flotte a dû être immobilisée et le chantier naval a subi des interruptions d’activité. Les lignes de transport public ont quant à elles été reconnues essentielles pour la communauté lémanique, 1.2 million de passagers y ayant recours chaque année.

La part de marché de la CGN se monte à 25% du transport de riverains, cela ne suffit pas pour le directeur général qui espère la doubler rapidement. S’il est pressé, c’est pour la bonne cause : « pour sauver notre planète et notre existence, il faut décarbonner le transport », affirme celui qui n’a pas attendu d’être à la tête de la CGN pour attirer toujours plus de voyageurs vers une mobilité douce.

Après avoir travaillé en Europe dans l’aviation puis dirigé le TGV Lyria, le bernois est sorti des rails et semble être comme un poisson dans l’eau au milieu des bateaux. Fort de sa conviction qu’il est possible de bâtir un monde meilleur, il insiste : cela n’a rien d’un optimisme naïf « il y a une vraie opportunité pour cela à la CGN ».

A la pointe de la technologie et soutenue par un large réseau de donateurs publics et privés, la CGN possède la plus grande flotte au monde de bateaux centenaires. C’est la flotte Belle-Époque, celle des croisières.

La maintenir n’est pas une mince affaire. Surtout lorsqu’il n’y a plus de fournisseurs. Restaurer des bateaux centenaires c’est bien, le faire en allant jusqu’à produire l’outil permettant d’en resserrer les boulons c’est encore mieux. On pourra le constater fin 2021 à l’inauguration du Rhône flambant neuf. Ce savoir-faire est un des trésors de la CGN confie Andreas Bergmann qui rappelle que « le patrimoine à préserver est autant physique qu’immatériel ».

Que l’on fuie les embouteillages ou que l’on découvre les rives du lac Léman lors d’une croisière, l’expérience client est au cœur des préoccupations de la CGN. Embarquer à bord d’un de ses bateaux, c’est s’accorder un moment hors du temps. Pour un événement inoubliable on pourra d’ailleurs privatiser un navire. « Tout est possible et nous avons une équipe dédiée pour s’occuper des souhaits de nos clients » dit Andreas Bergmann. Une offre sur mesure, pour un projet d’évasion pouvant embarquer 50 à 1000 personnes.

Encore faut-il que les restrictions sanitaires le permettent. Pour l’heure, le port du masque est de rigueur et les sièges extérieurs sont privilégiés. Et le directeur d’ajouter : « si les bateaux devaient se remplir trop, nous réduirons le nombre de passagers ». Le cap est donc maintenu : préserver les conditions de voyage, améliorer l’expérience client et l’impact écologique sans rien enlever de sa superbe à la flotte, historique ou moderne. Décidemment, Andreas Bergmann a bien fait de jeter l’ancre à Lausanne et d’attirer dans son filet de nouveaux partenaires. Au menu des prochaines saisons : un projet dont Café Léman est complice.

* Laetitia Fabre est indépendante en gestion de projet et cheffe de création.
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