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Bien-être au travail : le nouveau défi des grandes entreprises
Le bien-être au travail est devenu la priorité des grandes entreprises suisses. Une nouvelle réalité qui laisse place à des mécaniques bien rodées
1 Jun 2021

Aujourd‘hui, un tiers des travailleurs suisses sont en situation de stress ou au bord du burn-out », rapporte David Grandjean, porte-parole de Promotion Santé Suisse, une association qui offre des outils de gestion de la santé en entreprise, ainsi qu’un label de certification.

Sur la base d’une étude menée avec la HES Sciences appliquées de Zurich et l’université de Berne, il n’hésite pas à évoquer la question du bien-être en entreprise comme un véritable problème de santé publique.

Selon ce même rapport, le stress au travail coûterait environ 7,6 milliards de francs par an aux entreprises suisses, un chiffre édifiant que déplore Rosol Alsagban, psychologue du travail à Bienne : « le stress au travail est devenu l’un des plus gros enjeux organisationnels de notre époque ».

Des stratégies bien rodées

Pour faire face à ce phénomène, de grandes entreprises suisses ont décidé de prendre le problème à bras le corps et ont développé des stratégies bien rodées : programmes d’assistance, outils de formation, ateliers traitant du burn-out ou encore des consultations sociales de soutien.

« Chez Nestlé, nous soutenons les collaborateurs dans leur développement et encourageons un environnement de travail flexible, équilibré, en fonction des obligations professionnelles et privées », indique Estelle Hain, porte-parole du groupe Nestlé Suisse.

Une démarche que d’autres grands groupes ont aussi choisi de développer : « Chez UBS, nous offrons des cours pour apprendre à gérer son énergie et son équilibre et proposons à nos collaborateurs des questionnaires leur permettant d’évaluer l’état de stress », précise Jean-Raphaël Fontannaz, porte-parole d’UBS pour la Suisse romande.

Des stratégies de plus en plus courantes qui apportent de vrais résultats d’un point de vue de l’épanouissement, du sentiment d’appartenance et de la productivité des employés.

« Désormais, les cantons et beaucoup d’assureurs soutiennent des stratégies de gestion de la santé en entreprise car les résultats sont concrets en termes de réduction des coûts liés à la santé des collaborateurs, de réduction du turn-over et d’augmentation de la productivité ou du bien-être », ajoute le porte-parole de Promotion Santé Suisse.

S’il fut un temps où les travailleurs cherchaient juste à subvenir à leurs besoins, aujourd’hui le travail est devenu un élément essentiel de notre identité, chacun cherche à s’y sentir bien et à y donner du sens.

« De nos jours les gens ne travaillent plus uniquement pour leur salaire. Le travail est devenu un facteur d’accomplissement et de bien-être », analyse Rosol Alsagban, psychologue biennoise du travail.

Il n’est plus rare de voir de grands groupes suisses proposer un programme de santé à leurs employés. Du massage au cours de yoga en passant par la salle de fitness équipée, rien n’est de trop pour plaire au personnel. Ces grandes entreprises n’hésitent pas à aller plus loin en développant des projets encore plus audacieux.

« UBS s’engage activement pour la santé de ses collaborateurs au travers de différentes initiatives, comme la mise sur pied d’ateliers de santé et de bien-être et des cours de yoga. Nous fidélisons nos collaborateurs avec notamment des congés sabbatiques, des primes d’ancienneté ou encore de nombreux tarifs préférentiels sur des biens ou des services. Nous offrons aussi l’accès à des structures de bien-être, de sport ou de repos », détaille le porte-parole d’UBS.

« Chez Nestlé, nous mettons en place des mesures de promotion de la santé et du sport, comme des sessions d’informations sur la nutrition ou l’accès à une quarantaine de clubs de sport », ajoute de son côté Estelle Hain.

Une affaire de norme

Le bien-être au travail est aussi devenu une affaire de norme « Toutes les activités de Nestlé Suisse sont couvertes par une certification ISO 45001 », une norme internationale qui spécifie les exigences que doit respecter une organisation soucieuse d’améliorer la santé et la sécurité de ses employés, précise sa porte-parole. L’UBS, pour sa part a fait l’objet de nombreuses distinctions, telles que Top 50 – World’s Most Attractive Employers.

Quant à l’association Promotion Santé Suisse, elle a mis en place un label et met à disposition des employeurs tous les instruments essentiels à la promotion du bien-être et de la santé. « Notre label Friendly Work Space a pour but d’aider les entreprises à instaurer des processus et des structures afin d’améliorer les conditions de travail. C’est un symbole d’excellence et tant la volonté que la patience seront nécessaire pour décrocher notre labellisation ». Au final, comme le résume la psychologue du travail Rosol Alsagban, « c’est parfois juste un merci ou un compliment qui fait la différence ».

* Joachim Tapia-Almosnino est journaliste pour CH Media.
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